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jeudi 23 juin 2016

Les Fusillés de Saint-Julien-Du-Verdon - 11 Juin 1944

Les Allemands leur ont dit "Vous êtes libre, vous pouvez partir...", ils sont descendus du camion et les Allemands leur ont tirés lâchement et froidement dans le dos, 4 d'entre eux étaient des lycéens : Gilbert Campan, Césaire Aubé, Francis Gallo et Roger Demonceaux n'avaient pas 16 ans !!

Si la Résistance active et organisée n'a jamais rassemblé plus de 2 ou 3 % de la population française, elle n'aurait pu survivre ni se développer sans de multiples complicités populaires, en particulier à l'époque des maquis

L'organisation de l'exécution par la Gestapo de Nice

Le 10 juin 1944, 13 résistants sont extraits du quartier allemand de la prison de Nice aux nouvelles prisons. Ils sont poussés dans un fourgon cellulaire qui prend la route des Alpes.

Parmi les 13 résistants se trouvent notamment 4 élèves du lycée de garçons Félix Faure de Nice (Gilbert Campan, Césaire Aubé, Francis Gallo et Roger Demonceaux) ainsi qu'un ancien élève (Jacques Adam).

Ces 4 lycéens ont rejoint le maquis du Férion le 6 juin 1944. Ce maquis formé début juin 1944 sur les hauteurs de Bendejun attend un parachutage d'armes. Les lycéens partent de Nice le 6 juin. Ils se sont donné rendez-vous sous l'olivier de la paix devant le lycée Masséna. Joseph Arnaldi, fondateur du groupe de résistants lycéens Jojo est présent pour leur dire au revoir.

L'agent de liaison Bernard Audibert les conduit à Bendejun. Ils arrivent au maquis de Férion. Cependant la Milice et les Allemands ont repéré les mouvements des groupes de résistance. Dans le même temps, ces derniers se rendent compte que le parachutage n'aura pas lieu, probablement du fait d'une incompréhension avec les Alliés sur le lieu de parachutage. Le 9 juin, l'évacuation du maquis commence.

Les lycéens quittent à leur tour le maquis accompagnés par Jacques Adam pour rejoindre la maison de campagne de M. Gallo, à l’Aire Saint-Michel. Ils sont cependant arrêtés en route par la Milice (à Saint-André ou à Saint-Pancrace) qui les livre à des gendarmes allemands qui les conduisent à la prison de Nice.

Trois des 11 fusillés de Saint-Julien-du-Verdon sont des résistants originaires de Puget-Théniers, membres du groupe François monté sur Puget-Théniers par Gabriel Mazier (alias capitaine François). Ces trois résistants sont Nonce Casimiri arrêté le 29 avril 1944 ainsi que les frères Aimé et Roger Magnan arrêtés le 4 mai 1944.

Deux résistants fusillés au Bar-sur-Loup

Photographie de la stèle commémorative au Pré-du-Lac au Bar-sur-Loup honorant Pierre Appolin et Joseph Graffino exécutés le 10 juin 1944.
Photographie de la plaque commémorative située au-dessus de l'entrée de la maison de retraite allée du docteur Maffet au Bar-sur-Loup rappelant que les corps de 4 résistants tués le 10 juin 1944 ont été déposés en cet endroit.
Bar (Alpes-Maritimes vers 19 heures au carrefour du Pré-du-Lac (quartier Saint-Andrieu). Pierre Appolin et Joseph Graffino, deux FTP antibois, sont extraits du fourgon et exécutés quelques mètres plus loin, à l'angle de la route de Grasse et du chemin des Martelles, en représailles de l'attentat organisé par la résistance et qui coûte la vie au consul fasciste-républicain d'Antibes9. Cet attentat du 17 mars 1944 à Antibes a été organisé par le détachement Korsec10. Une stèle commémorative a été érigée sur les lieux de l'exécution des deux FTP9. Leurs corps sont déposés par la population dans l'actuelle maison de retraite allée du docteur Maffet avec les corps des frères Albert11 et Marcel Belleudy12. Les frères Belleudy sont des résistants membres des FTP et originaires de Vence. Ils sont exécutés pour avoir voulu désarmer des soldats allemands dans les Gorges du Loup à Gourdon. Une plaque commémorative de cette exécution existe à Gourdon à la sortie du canal du Foulon13.
Le fourgon qui emmène les résistants encadrés par des soldats allemands s'arrête une première fois sur la commune du

L'exécution de 11 résistants à Saint-Julien-du-Verdon

Le convoi poursuit sa route. Dans le fourgon, les résistants qui ont vécu l'exécution de leurs deux camarades ne se font probablement plus d'illusion sur le sort qui les attend eux aussi. Les heures passent. Vers 5 heures du matin le 11 juin 1944, le convoi arrive à l'entrée Saint-Julien-du-Verdon. Le fourgon s'arrête.
Les soldats allemands ouvrent les portes. Ils disent aux prisonniers « Vous êtes libres ! ». Ils descendent et là ils sont exécutés par rafales de mitraillettes. 9 prisonniers au milieu du terrain reçoivent le coup de grâce. Deux autres, Aimé Magnan et Jacques Adam, qui se trouvent un peu plus éloignés, au pied du taillis en bordure, font le mort et ne reçoivent pas le coup de grâce. Ils sont cependant grièvement blessés. La Gestapo quitte les lieux et laisse les corps sur place6,7.



Les corps des fusillés (9 tués sur le coup et deux décédés de leurs blessures) sont regroupés au cimetière de Saint-Julien-du-Verdon Alpes-de-Haute-Provence, adossés le long du mur et pris en photographie par la gendarmerie de Castellane Alpes-de-Haute-Provence afin de pouvoir les identifier. Ces deux photos (une rangée de 5 corps et une autre de 6 corps) ont été publiées avec les identités en légende dans le journal L'Ergot n°8, édition du 8 octobre 1944. Le 3ème fusillé en partant de la gauche sur la seconde photographie est indiqué comme non identifié. Il s'agit d'Albin Bandini, identifié officiellement en 1994.

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