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jeudi 9 juillet 2015

Mediapart - Tapie fait de l’intox et réclame 1 milliard à l’Etat

|  Par Laurent Mauduit
Bernard Tapie prétend qu'un document, jusque-là secret, prouve qu'il a bel et bien été floué lors de la vente d'Adidas et entend réclamer plus d'un milliard d'euros de dédommagement à l'État. Mediapart publie ce document et détaille les raisons pour lesquelles les arguments de l'ex-hommes d'affaires ont bien peu de chances d'ébranler la justice.

Face à la cascade de procédures judiciaires auxquelles Bernard Tapie doit faire face, on pourrait être enclin à penser que l’ex-homme d’affaires est en train de perdre définitivement la partie. Au plan civil, l'arbitrage qui lui avait octroyé 405 millions d’euros d’indemnités, dont 45 millions au titre du préjudice moral, a été annulé par un arrêt de la cour d’appel de Paris, en date du 17 février (lire Affaire Tapie : l’arbitrage frauduleux est annulé). Et l’enquête pénale, qui a été ouverte en septembre 2012 et arrivera à son terme dans le courant de l’année, a pris aussi une mauvaise tournure pour Bernard Tapie et cinq autres personnalités, mises en examen pour « escroquerie en bande organisée ». En bref, Bernard Tapie est presque à terre…

Pourtant, tous ceux qui l’ont approché ces derniers temps peuvent en témoigner : depuis quelques semaines, Bernard Tapie pavoise – ou fait mine de pavoiser. Et même il jubile. Au premier examen, on pourrait ne pas y prêter attention car l’homme est ainsi : un tantinet bravache et toujours comédien. Mais il y a plus que cela ! Bernard Tapie a aussi repris espoir. Parce qu’il dispose des conseils d’un nouvel avocat, d’une redoutable efficacité, Me Emmanuel Gaillard. Parce qu’il a mis aussi la main, grâce aux récentes perquisitions judiciaires, sur un document qui, à l’entendre, pourrait être décisif et administrer la preuve qu’il a bel et bien été floué en 1993 par le Crédit lyonnais quand l’ex-banque publique a vendu pour son compte le groupe de sports Adidas.

Attaché au contradictoire, nous avons donc proposé à Bernard Tapie de le rencontrer ainsi que son nouvel avocat, pour comprendre la nouvelle stratégie de défense qu’ils ont mise au point, en prévision de l’audience que la cour d’appel tiendra à partir du 29 septembre prochain, pour rejuger définitivement sur le fond le différend qui oppose depuis 1993 Bernard Tapie à l’ex-Crédit lyonnais, puis à la structure publique qui a pris sa succession après sa faillite, le Consortium de réalisation (CDR). Nous lui avons aussi proposé de lui transmettre les objections ou interpellations que cette stratégie de défense pouvait nous inspirer, de sorte qu’il puisse y répondre.

Dans un premier temps, il nous a donné son accord, puis découvrant nos questions, il a annulé l’échange dont nous étions convenus ; puis il a de nouveau changé d’avis et accepté mais nous a demandé d’attendre un peu. Et enfin, après trois semaines d’attente, il nous a finalement fait savoir que nos questions, décidément, lui déplaisaient et qu’il annulait l’échange prévu.
Voici donc la nouvelle stratégie de défense de Bernard Tapie, ainsi que l’échange avorté que nous devions avoir avec lui.

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