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mercredi 25 mars 2015

PNC Contact - Airbus, un avion fou ? (Actu — lundi 17 décembre, 2012 à 8:32 )

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L’avion « fou » qui va mettre Airbus dans l’embarras…

Un incident récent (courant 2012) peu médiatisé risque bien de relancer le débat sur la philosophie des commandes de vol Airbus. En effet, les pilotes d’un A330 asiatique qui s’approchait de son niveau de croisière ont vu le pilote automatique se déconnecter et l’avion se mettre en piqué sans qu’ils ne puissent le contrer, malgré une action coordonnée à cabrer sur les manches. Ils n’ont récupéré le contrôle de leur appareil qu’en déconnectant les trois centrales (ADR) qui fournissent les informations aérodynamiques aux calculateurs de l’avion, procédure non prévue au manuel de vol et non enseignée. Airbus a répercuté l’information le 4 décembre auprès des opérateurs de l’A330, avec des consignes de précaution associées en attendant de trouver une solution définitive au problème.
Mais quel problème ? Pourquoi cet appareil, subitement et sans raison apparente, s’est mis en piqué contre l’ordre des pilotes ? Pour le comprendre, il faut se souvenir de la philosophie Airbus en matière de commandes de vol et se pencher sur la notion d’angle d’incidence. L’aile des avions génère une force (la portance) qui est principalement fonction de la vitesse de déplacement dans l’air et de l’angle que fait l’aile avec ce vent relatif (incidence). Plus la vitesse diminue, plus il faut augmenter cet angle en cabrant l’avion pour conserver la portance et continuer à voler. Mais il y a un angle maximal (incidence de décrochage) auquel la portance s’effondre car l’air « décroche » du profil de l’aile. A cet angle, correspond une vitesse minimale de vol. Concernant Airbus, il faut savoir que depuis l’A320, les calculateurs ont, en vol normal, pleine autorité pour protéger le domaine de vol, même s’ils doivent pour cela contrer les ordres des manches. Ainsi, les pilotes ne peuvent théoriquement pas mettre l’avion en situation périlleuse, volontairement ou non. Par exemple, Airbus a longtemps affirmé que ses avions ne pouvaient pas décrocher car ses calculateurs vont donner un ordre à piquer lorsque l’incidence approchera de son maximum. Les vrais connaisseurs savent depuis le vol Quantas 72 (voir note 1), le Perpignan (voir note 2) et le Rio (voir note 3) que la réalité est un peu plus complexe…

 L'article original est ici : http://www.pnc-contact.com/2012/12/17/airbus-un-avion-fou-11541

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