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mercredi 11 février 2015

Mediapart - 2012-2014: les notes secrètes de Montebourg à Hollande

|  Par Laurent Mauduit et Edwy Plenel
Arnaud Montebourg a cédé à notre insistance et a accepté de remettre à Mediapart les quatre longues notes qu’il a adressées au chef de l’État de septembre 2012 à mars 2014, pour le convaincre de réorienter sa politique économique et européenne. La première de ces notes, que nous publions aujourd’hui, révèle que le débat a commencé au sein du gouvernement dès les premiers mois du quinquennat.

Arnaud Montebourg ne l’avait jusque-là jamais révélé : tout au long des deux grosses années au cours desquelles il a occupé les fonctions de ministre du redressement productif, puis de l’économie, de mai 2012 à août 2014, d’abord au sein du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, ensuite de celui de Manuel Valls, il a périodiquement adressé des notes à François Hollande pour l’enjoindre de changer le cap de la politique économique et notamment de tourner le dos à la politique d’austérité.
Ces notes longues et argumentées, qui sont au nombre de quatre, étaient jusqu’à ce jour restées confidentielles – sauf l’une d’entre elles, la troisième, en partie dévoilée par Le Nouvel Observateur. Arnaud Montebourg a cédé à notre insistance et accepté de les remettre à Mediapart. Nous les publierons donc les unes après les autres ces prochains jours. Si nous avons choisi de les mettre de cette façon en valeur, c’est qu’elles nous semblent importantes, pour plusieurs raisons.

En premier lieu, ces notes éclairent le parcours d’Arnaud Montebourg lui-même. Car, de proche en proche, le bouillonnant ministre du redressement productif a certes fait entendre sa différence. On l’a ainsi entendu tempêter lorsque le site de Florange a été fermé, en violation des engagements pris par François Hollande pendant la campagne présidentielle. On l’a aussi entendu maugréer contre le cap choisi à la faveur d’un entretien au Monde le 9 avril 2013 : « Cette politique d’austérité conduit à la débâcle ».
Mais il a fallu attendre le courant du mois d’août 2014 pour qu’Arnaud Montebourg dise enfin, de manière détaillée et publique, que cette politique économique lui semblait radicalement contraire aux intérêts du pays. Il l’a fait une première fois à la faveur d’un entretien au Monde, le 23 août 2014, et puis surtout, dès le lendemain, le 24 août 2014, à l’occasion d’une intervention lors de la traditionnelle fête de la Rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire) : « J'ai proposé comme ministre de l'économie, au président de la République, au premier ministre, dans la collégialité gouvernementale, et sollicité une inflexion majeure de notre politique économique », avait-il déclaré ce jour-là.

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