Facebook

jeudi 15 janvier 2015

Krach historique de la Bourse suisse, jusqu'à -13% à mi-séance


Le Swiss Market Index (SMI), principal indice de la Bourse suisse, s’effondrait dans des proportions historiques au cours de la séance du jeudi 15 janvier. En cause : l’annonce inattendue de la Banque Centrale suisse de supprimer son plancher de parité à 1.20 CHF pour 1 EUR.
La Bourse suisse n’est pas habituée à être la source d’inquiétudes des marchés. Surtout, l’indice SMI n’est pas habitué à perdre plus de 10% en une seule séance. Jeudi 15 janvier, l’indice national suisse se contractait de 13,60% à 12h50, une chute historique.
Brutale revalorisation du franc suisse
La Banque Centrale suisse a surpris tout le monde jeudi matin en annonçant de manière inattendue la fin d’une mesure appliquée depuis 3 ans, fixant une parité minimale de 1.20 franc suisse (CHF) pour 1 euro. Cette décision avait été prise fin 2011 pour éviter au franc suisse, considéré comme une monnaie-refuge en temps de crise, de devenir trop valorisé face à la monnaie européenne qui suscitait une certaine défiance en pleine crise de l’euro-zone.
La suppression de cette mesure survient alors que l’euro se dévalue de manière significative depuis plusieurs mois face aux autres monnaies, en particulier face au dollar. Or, les fondamentaux de la monnaie suisse poussent plutôt à une revalorisation de la monnaie face au dollar. La parité bloquée avec l’euro devenait ainsi difficilement tenable, d’où son abandon jeudi 15 janvier.
Conséquence immédiate : la parité entre le franc suisse et l’euro s’est brutalement réajustée en quelques minutes, après avoir été retenue artificiellement pendant 3 ans. Le franc suisse s’appréciait ainsi de plus de 15% face à l’euro à 12h30, avec une volatilité record, la parité semblant se stabiliser vers 1.03 CHF pour 1 EUR à la même heure.
Chute de la Bourse
Du côté des actions, le mouvement était inverse. Le franc suisse trop fort pourrait pénaliser lourdement les résultats des entreprises du pays, souvent très mondialisées et donc dépendantes de la vitalité de leurs exportations. Or, celles-ci pâtiraient d’un franc suisse trop fort.
Alimenté par l’effet de panique et la spéculation, l’indice SMI de la Bourse suisse plongeait de manière quasi-ininterrompue en matinée, atteignant -12% à 12h35 après de précédents planchers déjà inquiétants à -6% vers 10h50 et -8% vers 12h. Avant l'annonce, l'indice suisse était encore en hausse paisible de 0,85%.
Vers 14h20, l'indice se reprenait légèrement face à son point bas de mi-séance, s'affichant dès lors en baisse de 9%.
Flash krach sur les indices européens
Du côté des autres marchés européens, les indices nationaux ont connu un « flash krach » à 10h50 précisément, juste au moment où l’annonce de la Banque Centrale suisse survenait. Le CAC40, en hausse en matinée, passait à -2% en quelques minutes, les investisseurs paniquant soudainement vis-à-vis de l'impact potentiel de la nouvelle.
Pour autant, encore quelques minutes plus tard, dès 11h15, les achats à bon compte faisaient revenir l'indice dans le vert. Vers 14h20, l'indice français semblait remis du choc et progressait de 1,25%.
Lafarge, exposée à sa fusion avec le suisse Holcim, est passée momentanément par une baisse de 6% en séance avant de se reprendre fortement par la suite.
« C’est une sorte de tsunami »
Interrogé par Boursorama sur l’événement, Xavier de Villepion, vendeur d’actions chez HPC, remarquait : « la brutalité de l’annonce a pris tout le monde de revers ». « C’est une sorte de tsunami ». Surtout, « l’attitude de prévention a été inexistante », soulignait-il au sujet de la décision de la Banque Centrale suisse, alors que la BCE et la Fed sont a contrario extrêmement prudentes dans leurs annonces avant de prendre des décisions d’une telle ampleur pour les marchés.
Xavier de Villepion ajoutait que le sursaut de la monnaie suisse face aux autres devises serait très pénalisant pour des entreprises comme Nestlé ou Roche, grandes exportatrices, dont le chiffre d’affaire sera lourdement pénalisé par un franc suisse ayant pris 15% face à l’euro.
Xavier Bargue

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire