Facebook

lundi 8 décembre 2014

Législative partielle de l'Aube : pourquoi le FN progresse autant





Politique 
Dimanche prochain, le second tour dans la circonscription de François Baroin opposera l'UMP et le FN. Une nouvelle fois, la gauche disparaît du second tour, ce qui est de très mauvaise augure avant les scrutins de 2015. 

"Pour nous, les sondages sont catas mais les élections sont pires". Cette triste boutade fait florès chez les socialistes, législative partielle après législative partielle. Celle de dimanche, dans l'Aube, sonne comme un nouveau coup de tonnerre, avant la tempête annoncée lors des départementales de mars et régionales de novembre. Après ce premier tour, plusieurs enseignements doivent être tirés par le PS, et plus largement par la gauche.
 
  • - La grève des urnes
Dimanche, lors de la législative partielle, moins d'un électeur sur quatre s'est déplacé. L'abstention a atteint 75,37%. Même si ce chiffre record ne permet pas de tirer de conclusions hâtives sur les prochains scrutins car il ne s'agit que d'une élection partielle à faible enjeu, il confirme la forte baisse de la participation déjà observée lors des européennes de juin. Le manque cruel de résultats économiques, la crise sociale et la défiance vis-à-vis des politiques amène un très grand nombre d'électeurs à ne plus se déplacer aux urnes. Cette « grève des urnes » entraîne un phénomène bien connu des sondeurs : c'est le différentiel de participation qui fait l'élection. En clair, le camp qui parvient à perdre le moins d'électeurs l'emporte. La victoire est le fruit du rejet des autres partis et non plus d'une adhésion à un candidat.
 
  • - L'effondrement du PS
Comme lors des précédentes partielles, c'est le Parti socialiste qui voit son électorat fuir les urnes. Parti au pouvoir, il est frappé de plein fouet par la déception suite aux promesses de François Hollande, notamment sur le front du chômage. Si la circonscription de François Baroin est traditionnellement classée à droite, le résultat du PS dimanche a de quoi donner des sueurs froides rue de Solférino. Son candidat passe de 10 900 voix à 2380 voix par rapport à juin 2012, soit seulement 14,7% des suffrages. Olivier Girardin est devancé dans tous les cantons par le FN, sauf dans celui de la Chapelle-Saint-Luc dont il est maire et où il arrive en tête. Pour lui, le principal responsable de la défaite est l'abstention. « Il faut s'interroger sur la légitimité que nous avons. Les gens ne nous croient plus. Nous devons réfléchir à la façon que nous avons de nous adresser aux Français ».  De son côté, Bernard Cazeneuve a demandé une nouvelle fois du temps : "C'est dans les résultats que nous parviendrons le mieux à lutter contre la droite et l'extrême droite. Il faut du temps pour voir les effets de la politique menée ».

  • - La gauche de la gauche à un très bas niveau
L'effondrement du PS dans les dernières élections ne profite pas du tout aux partis plus à gauche, tel est le principal enseignement de la période. Ainsi, dans l'Aube une nouvelle fois, les partenaires traditionnels des socialistes récoltent de faibles scores :  PCF (7,46%), EEVL (4,47%) et DVG (2,49%). La très grande dispersion des voix de gauche ne laisse aucune chance à un candidat de ce camp de parvenir au second tour, compte tenu de la dynamique du FN. C'est là une nouvelle donne à laquelle la gauche et la droite vont devoir s'habituer : la présence de trois blocs avec la nouvelle puissance du parti de Marine Le Pen va devoir forcer des alliances, au risque de disparaître de certains territoires.
 
  • - La forte mobilisation du FN
Dimanche, le candidat du FN a réalisé 27,6% des suffrages exprimés, soit une hausse vertigineuse de 10 points en deux ans.  Une nouvelle fois, la force du parti de Marine Le Pen est de parvenir à faire déplacer ses électeurs, même dans le cadre d'une forte abstention. Ainsi, le candidat du FN a récolté 4480 voix contre 6733 voix en 2012. Même s'il perd du terrain, il reste une force d'attraction qui lui permet d'accéder au second tour face à l'UMP.  "J'ai le sentiment que l'effet balancier est cassé, cet effet automatique qui fait que lorsqu'un camp s'affaiblissait, l'autre face de la pièce de monnaie prenait un peu plus de brillance", a affirmé Marine Le Pen pour expliquer le succès de son candidat. Le FN espère mobiliser des abstentionnistes lors du second tour dimanche prochain. 
  • - La stagnation de l'UMP
Gérard Menuel, agriculteur en retraite de 62 ans et suppléant de François Baroin depuis 1993, a obtenu 40,76% des suffrages. S'il est en ballotage largement favorable face au FN, il réalise un score moyen compte tenu de l'effondrement du PS. En effet, il ne gagne que 3 points par rapport à juin 2012. En nombre de voix, son score paraît encore plus décevant. Ainsi, il passe de 15 677 voix à 6600 voix dimanche, soit plus de 50% de voix en moins. Ce manque de dynamisme de la droite, après deux ans d'opposition, montre l'ampleur du travail qu'il reste à accomplir à l'UMP. On ne note pas d'effet Sarkozy dimanche, après son élection à la tête de l'UMP.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire