Facebook

lundi 13 octobre 2014

Mediapart - Plus de cent eurodéputés ont des activités rémunérées en plus de leur mandat d'élu

|  Par Ludovic Lamant
Rachida Dati en juillet 2012. © (Reuters/Vincent Kessler)
Transparency International lance lundi un site qui passe au peigne fin les déclarations financières des 751 élus à Strasbourg. Sur les dix députés qui cumulent le plus d'activités, en partie rémunérés, en dehors du parlement, quatre sont français, dont Michèle Alliot-Marie (UMP), Sylvie Goulard (UDI-Modem) et Rachida Dati (UMP). Une centaine de députés ont ainsi d'autres rémunérations via d'autres mandats ou grâce au secteur privé.

De notre envoyé spécial à Bruxelles. Transparency International n'a pas traîné. Les 751 eurodéputés élus en mai avaient jusqu'à juillet pour soumettre leurs déclarations d'intérêts financiers, et la branche bruxelloise de cette ONG lance lundi un site internet qui compile l'ensemble de ces données. Ce classement, précieux pour les cinq années du mandat à venir, épingle quelques « gloires » françaises du parlement, de Rachida Dati à Michèle Alliot-Marie.

Principal intérêt de la démarche : la mise au point d'un « indicateur d'activité extérieure ». Il classe l'ensemble des élus, en fonction du volume d'activités – rémunérées ou non – qu'ils mènent à l'extérieur du parlement européen, et des sièges qu'ils occupent dans des associations, ONG et sociétés.
Plus l'indice est élevé, plus l'élu est actif en dehors du parlement (lire la méthodologie pour construire cet indice).
Rachida Dati en juillet 2012.Pas moins de quatre élues françaises figurent (pour des raisons différentes) dans les dix premières places de ce classement : Nathalie Griesbeck (UDI-Modem) décroche l'indice le plus élevé des 751 élus, suivie de près par Michèle Alliot-Marie (UMP, 5e rang), Sylvie Goulard (UDI-Modem, 6e) et Rachida Dati (UMP, 8e). Si l'on s'en tient à cet indice, les 74 élus français forment la deuxième délégation, après les Autrichiens, la plus impliquée dans des activités « extérieures » à la vie de l'hémicycle.
« Cet indicateur ne prétend pas évaluer la performance d'un eurodéputé. Il ne juge pas non plus la nature des activités déclarées par les élus, et n'identifie pas les conflits d'intérêts », nuance Transparency International. Mais il permet de mettre au jour, dans certains cas, des situations de cumul des mandats particulièrement lourdes ou, plus gênant encore, des liens de dépendance financière entre certains élus et le secteur privé.

Sur les 751 élus, 398 – soit 53 % d'entre eux – déclarent une autre activité, en plus de leur mandat d'eurodéputé. Et 110 annoncent qu'ils gagnent de l'argent de manière régulière pour ces activités, qui s'ajoutent à leur salaire d'élu bruxellois, déjà très confortable (6 250 euros en net, que viennent gonfler des indemnités liées à leur assiduité).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire