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mardi 15 juillet 2014

La France, cet étrange pays où le taxi fait l’ambulancier

d'après : http://transports.blog.lemonde.fr/2013/01/09/la-france-cet-etrange-pays-ou-le-taxi-fait-lambulancier/

Gare de Louveciennes (Yvelines), dimanche, 12h30. On prendrait bien un taxi, mais aucun ne se présente.

La veille, on avait tenté d'en réserver un, mais "il faut appeler le jour-même, Monsieur". Et là, devant la gare, on cherche désespérément à joindre l'artisan, et son téléphone sonne dans le vide. Cannes (Alpes-Maritimes), jeudi, 19h. Comme chaque année au mois de mars, les participants au Marché international de l'immobilier (Mipim) ont conclu de bonnes affaires. Ils quittent le palais des congrès avec un sourire qui bientôt se fige. Ceux qui n'ont pas réservé de voiture pour leur semaine cannoise partent à la recherche d'un taxi. A la gare se forme une file de plusieurs dizaines de mètres. Il faudra trois-quart d'heure pour monter dans un véhicule. Paris, place du Châtelet, samedi, 2h45. Le métro ne circule plus et il pleut. Devant la station de taxi où se sont réfugiés les noctambules, une voiture noire se présente, le chauffeur passe la tête et demande: "qui a besoin d'un taxi ?" Pas de plaque, pas de licence, c'est un clandestin.


Marché médicalisé en hausse. Les entreprises de taxi, qui réalisent pour certaines d'entre elles 80 
voire 90% de leur chiffre d'affaires grâce aux hôpitaux, craignent pour leur peau. Dans de nombreuses villes et à la campagne, le taxi fait essentiellement un travail d'ambulancier. Le patient docile qui doit effectuer un contrôle médical régulier constitue une rente bien plus profitable que le passager occasionnel et pressé qui se présente à la gare. Et puis de toutes façons, comme chacun sait, "tout le monde a une voiture", n'est-ce pas ? A Paris, où les taxis s'étaient longtemps tenus éloignés du marché médicalisé, celui-ci représenterait désormais "15% du chiffre d'affaires de la profession, et il progresse", assure Yann Ricordel, PDG de la compagnie "Taxis bleus".

 

Rapprochons l'exaspération des clients avec la colère des taxis. Les uns aimeraient trouver un transport fiable. Les autres espèrent une clientèle régulière et solvable. N'y a-t-il pas moyen de satisfaire les deux parties ? Régulièrement, des rapports officiels (Camdessus 2004, Attali 2007, Chassigneux 2008) dénoncent la "rente de situation" et préconisent l'augmentation du nombre de voitures. La profession, de son côté, se plaint de la concurrence, illégale mais aussi légale. Les clandestins, d'abord, dont le nombre exact est difficile à connaître, mais qui ont fait l'objet de 300 interpellations à Paris entre janvier et août 2012. Il suffit de débarquer un peu perdu, avec quelques bagages, dans le hall des arrivées d'un aéroport de Paris pour être confronté à un racoleur, exactement comme à Bamako ou à Kiev.

Tous concurrents. Les taxis n'apprécient pas plus leurs concurrents à moto, qui s'appuient sur une réglementation autorisant les "véhicules de remise" pour proposer des trajets garantis sans bouchons au départ des gares et des aéroports. A Marseille, comme le montre la vidéo visible dans ce post, les représentants des taxis considèrent tous les moyens de transports alternatifs, vélos partagés, société d'autopartage ou navette maritime, comme des concurrents redoutables.


Mais puisque la demande existe manifestement, ne pourrait-on pas augmenter le nombre de taxis ? Cela se fait progressivement, mais à vitesse d'escargot, justement. A Paris, ils sont 17137 exactement et on en compte 300 de plus par an environ. M. Ricordel, des Taxis bleus, ne croit pas souhaitable une augmentation massive du nombre de voitures disponibles. "En période de pointe, la demande double ou triple. Il n'est de toutes façons pas possible de la satisfaire complètement". Les Taxis bleus n'en sont pas moins à l'affût de nouveaux marchés, en particulier auprès des clients solvables. Le réseau, qui rassemble 3000 chauffeurs indépendants, espère ainsi placer des abonnements annuels auprès des particuliers et a récemment lancé un service destiné aux parents trop occupés pour emmener leurs petits chéris à l'autre bout de la ville mais suffisamment fortunés pour leur offrir le taxi.
Pour résumer, les clients cherchent des taxis qui cherchent des clients, mais à condition qu'ils aient les moyens de payer ou que la course soit remboursée par la Sécurité sociale. Certains citadins seraient prêts à abandonner leur voiture particulière, un objet qui leur coûte de plus en plus cher (6000 € par an selon l'Automobile Club). Ils se déplaceraient autrement, n'hésitant pas à héler un taxi de temps à autre. Mais il n'y a jamais de taxi. Ben non, il est parti faire l'ambulancier.

3 commentaires:

  1. Certains patients qui ont des traitements lourds comme des chimios ne peuvent pas se déplacer seuls, mais sont valides , donc pourquoi prendre une ambulance qui serait facturée plus cher à la SS . Et chez les ambulanciers là aussi il y a des abuts ..........

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  2. Effectivement certains ont besoins et comme dans toutes situations d'autres qui n'ont pas vraiment besoin en abuse et le trou de la Secu augmente jusqu'au jour ou la secu n'existera plus submergée par se dette...J'ai entendu dire que certains utilisent les taxis medicaux pour aller s'acheter des cigarettes...J'ose croire que c'est faut...

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    1. Il faut une prescription médicale pour avoir droit aux taxis médicaux. ça me parait donc difficile, mais il est vrai que toutes les ruses existent !!!

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