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mardi 18 mars 2014

Mediapart - Social : l'état d'urgence Enquête Une série de suicides met Orange sous tension 18 mars 2014 | Par Rachida El Azzouzi

  Depuis l'arrivée du nouveau PDG Stéphane Richard en 2011, le climat social s'était apaisé chez Orange-France Télécom, ébranlé par une vague de suicides en 2008-2009. Mais depuis le début de l'année, une série noire – dix suicides en moins de deux mois – ravive les vieux démons.

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C'était le vendredi 17 janvier au matin. Une panne de RER A durant plusieurs heures. « Accident de personne », disait le petit écran. Suicide, diront un peu plus tard quelques dépêches. N. F. s'est jeté sous un train en gare d'Auber. Il travaillait chez Orange-France Télécom, conseiller client dans une agence professionnelle sur le site Poncelet à Paris. Il avait 42 ans et il souffrait au travail, de ce mal-être qui ronge l'ancienne entreprise publique des PTT depuis la privatisation et le plan de restructuration Next de l'ex-PDG Didier Lombard. Tout le monde le savait. Son manager auquel il imputait des faits de harcèlement moral. Le comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. L’inspection du travail qui mène une enquête.


 
 
N. F. est le deuxième salarié d'Orange-France Télécom à mettre fin à ses jours depuis le début de l’année. Le premier, R. C., cadre à la direction technique France à Arcueil dans le Val-de-Marne, s’est pendu trois jours plus tôt, le 14 janvier. Il avait 58 ans, trois enfants, venait de subir une mobilité, ne supportait plus le comportement de ses nouveaux managers, avait confié son mal-être à ses collègues, aux représentants du personnel.
Depuis, huit autres salariés d’Orange se sont donné la mort à travers la France. Dans huit cas sur dix, le suicide a un lien explicite au travail même s'il n'a pas eu lieu sur le lieu de travail, selon les syndicats et l'Observatoire du stress et des mobilités forcées à France Télécom, créé à l'initiative d'organisations syndicales. La dernière victime en date avait 25 ans et un statut d’« alternant » dans une unité d’intervention technique sur le site d’Eysines près de Bordeaux. Elle s’est suicidée le 6 mars dernier.

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