Facebook

samedi 8 mars 2014

Mediaparat - EUROPE Analyse Jean-Claude Juncker, l'erreur de casting de la droite européenne


Jean-Claude Juncker, en juillet 2013 © REUTERS/Charles Caratini

 07 mars 2014 |  Par Dan Israel et Ludovic Lamant
L’ancien premier ministre luxembourgeois a été élu ce vendredi chef de file du Parti populaire européen pour les élections européennes de mai prochain. Un choix contestable, tant l’homme représente une Europe à bout de souffle, qui fait la part belle à l’opacité financière.

Jean-Claude Juncker, en juillet 2013C’est le retour sur le devant de la scène d’un vétéran. Et un choix désastreux. Ce vendredi 7 mars, lors de son congrès de Dublin, le Parti populaire européen (PPE, droite) a désigné, par 382 voix en sa faveur, Jean-Claude Juncker comme le « chef de file » de sa campagne pour les élections européennes du 25 mai. Si son parti remporte le scrutin à l'échelle des 28 États, l’ex-premier ministre luxembourgeois pourrait donc présider la Commission européenne. Ce qui aurait tout d'une erreur de casting majuscule. Pour le PPE comme pour l’Union européenne, ravagée par la crise des dettes publiques et toujours en quête d'un nouveau souffle.

Le préretraité Juncker a battu à la régulière Michel Barnier, commissaire européen et ancien ministre de l’agriculture français, qui a récolté 245 voix (201 délégués n'ont pas voté).

Barnier avait sans doute compris qu'il avait perdu la bataille lorsque Angela Merkel a eu cette phrase, début février, au détour d'une conférence de presse : « Ce n'est un secret pour personne que j'ai beaucoup de sympathie pour Jean-Claude Juncker. » Mais le soutien de la chancelière allemande importera peu lors du scrutin, qui s'annonce particulièrement serré. Le parlement européen est aujourd'hui archidominé par le PPE, mais le paysage devrait être beaucoup plus équilibré entre droite et gauche à partir de juin.

Face à lui, Juncker trouvera le socialiste allemand Martin Schulz, le libéral belge Guy Verhofstadt, le Grec Alexis Tsipras (leader de Syriza) et le duo franco-allemand José Bové/Ska Keller, pour les écolos.

L'extrême droite a elle décidé de boycotter ce processus (lire notre article). La campagne électorale pourrait être rude, et Juncker sera une cible idéale, tant ses concurrents auront l’embarras du choix dans leurs attaques.


Pour la suite comme d'hab. abonnez vous

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire