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samedi 4 janvier 2014

Mediapart - « Ça devient Chicago »

|  Par Mathieu Magnaudeix
À Lavelanet, petite ville ariégeoise en crise depuis des décennies, paupérisation, disparition des services publics et hausse de la délinquance alimentent un sentiment d'abandon et de colère. Une rumeur assure (faussement) que le maire fait venir des étrangers pour repeupler la ville. Dans cette ville déclassée, certains habitants ont peur de tout.


Marylène Galy est du genre énergique. Six jours et demi de travail par semaine : faut avoir le moral. Mais en ce début du mois de décembre, elle a un coup de mou. Le 29 novembre, en plein après-midi, son bureau de tabac, juste à côté de l'église, a été braqué. Deux personnes cagoulées sont entrées dans la boutique, munies d'un fusil de chasse. Pas de drame, maigre butin pour les cambrioleurs : une centaine d'euros, trois paquets de cigarettes. Marylène n'en est pas à son premier vol. N'empêche : le fusil de chasse, elle a du mal à l'oublier. Elle dit : « J'ai perdu mon employée. Elle est traumatisée, elle ne veut plus travailler ici. Moi, j'ai perdu la motivation. Et j'ai peur qu'ils reviennent. » Certains de ses clients lui ont suggéré de s'armer. « Y a des clients qui me disent : vos voleurs, faut les attraper, faut les tuer », lance Philippe, son mari.

Dans cette petite ville d'Ariège, la nouvelle du « braquage » s'est répandue bien vite. Comme d'autres histoires, les semaines passées. Début octobre, chez Barthez (le commerce de la sœur de Fabien Barthez, l'ancien gardien de l'équipe de France de football, né à Lavelanet), une équipe, des pros cette fois, a embarqué tout le stock de tabac, des DVD, le gros coffre-fort. Au nez et à la barbe des gendarmes, installés juste à côté.

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