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mercredi 22 janvier 2014

Loup - La problématique du loup dans les Alpes-Maritimes

1992. On estime la population de loups à 300 animaux en France dont une soixantaine dans les Alpes-Maritimes (1/3).
Le loup est aujourd’hui présent sur tout le Mercantour et sur les Pré-Alpes, étendant chaque saison davantage son territoire de prédation.

Il s’habitue à la présence de l’homme et s’approche de plus en plus des villages et corps de ferme.





L’année 2012 marque un tournant dans la question des loups et des attaques sur les troupeaux en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Le bilan des attaques fait apparaître une nouvelle et forte augmentation à l’échelle régionale malgré  des moyens de protection massivement généralisés.

La part de la prédation touchant Provence-Alpes-Côte d’Azur est très majoritaire et même en augmentation avec 75 % du total national.
L'expansion du loup atteint de nouveaux massifs comme les Vosges et la Massif central.

Attaques et pertes en PACA

Les attaques sont en constante augmentation depuis 4 ans. Pour 2011 et 2012, l’augmentation annuelle des attaques et des victimes est établie à 30 % par an.
Elles sont permanentes, avec un pic en été. Elles interviennent de jour comme de nuit, rendant la surveillance du troupeau permanente et difficile. Les ovins représentent plus de 90 % des victimes d’ici la fin de l’année).

Département
Attaques 2012
Pertes 2012
Alpes-Maritimes
695
2161
Alpes de Haute Provence
263
979
Var
200
547
Hautes Alpes
137
511
Vaucluse
9
36
Bouches du Rhône
1
1


Source : lettre du CERPAM n°43
Pour la première fois, après le Vaucluse,  les Bouches-du-Rhône sont touchées. Désormais, les loups sont présents dans les six départements dela région.

Zoom sur les Alpes-Maritimes

Premier département par le nombre d’attaques et de victimes, les Alpes-Maritimes ont été particulièrement touchées en 2012 avec une nouvelle et forte augmentation par rapport à 2011.
Les pertes atteignent 2161 animaux pour ce seul département, soit plus du tiers du total national.
Plusieurs facteurs expliquent l'évolution de la prédation :  
  •  les zones « historiques » de présence des loups (meute Roya-Vésubie, Vésubie, Moyenne Tinée, etc.) continuent d’être des secteurs de très forte prédation.
  • Sur les secteurs décolonisation plus récente, les meutes s’installent dans la durée, en particulier dans les Préalpes de Grasse.
  • De nouveaux secteurs ont connus des attaques comme la commune d’Utelle, en basse vallée de la Vésubie, particulièrement problématique en début d’année ou la haute-vallée du Var cet été.
Une pression insupportable pour les éleveurs :
  • 31 éleveurs ont subi plus de 10 attaques en 2012,
  •  6 éleveurs plus de 25 attaques,
  • 2 éleveurs une cinquantaine d’attaques.
Le seuil du supportable est largement dépassé. Pourtant la quasi-totalité des éleveurs ou groupements pastoraux pâturant sur le département en zone de présence du loup bénéficie de contrats de protection des troupeaux (120 contrats en 2012, soit une augmentation de 20% des contrats depuis 2011) impliquant des changements de pratiques souvent lourds.
Les Alpes-Maritimes cumulent tous les facteurs de vulnérabilité :
  • une exposition des troupeauxaux loups toute l’année, de janvier à décembre, grâce au climat méditerranéen qui permet le pâturage 12 mois sur 12 ;
  • l’utilisation de très importantes surfaces de landes et de bois au pâturage, où l’approche furtive desloups est facilitée ;
  • la présence au pâturage la plus grande partie de l’année d’agneaux broutards avec leurs mères, que le berger doit conduire de façon beaucoup plus étalée dans l’espace, pratique peu compatible avec les contraintes de la protection.
La pression est permanente sur les troupeaux et s’accentue encore. Vingt ans après, rien n’est stabilisé, une situation très difficile à vivre pour les éleveurs.
d'après Anne Laure Gouty (CERPAM 06) 

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