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mardi 21 janvier 2014

Message personnel à Edouard Martin

Edouard Martin
J'aime bien le personnage, il se presente aux Europeennes mandaté par le PS, c'est à la presidence de la republique qu'il devrait se consacrer je suis sur qu'il passerait car les francais cherchent actuellement quelqu'un de confiance comme lui, ce serait notre Lech Walesa à Nous !!!

Je suis certain à 100% que si le PS lui a tendu la main c'est pour eviter de le laisser penser à la presidence de la France. Si un de ses proches pouvait lire ce message qu'il le lui dise de ne pas se presenter aux européennes mais plustot de commencer à s'investir pour devenir President de la republique Francaise en 2017, il a ses chances de passer au premier tout....




D'apres un article de liberation :

Il reçoit toujours au local CFDT. Seul. Le drapeau orange vif du syndicat accroché sur le mur bleu ciel domine la pièce. Au-dessus : des photos de la «lutte» des sidérurgistes d’Arcelor Mittal de Florange pour empêcher la fermeture des derniers hauts fourneaux français. Pendant qu’il prépare le café, on chambre Edouard Martin sur son costume marron, sa chemise blanche et ses chaussures qui contrastent avec le blouson orange qu’il portait sur les piquets de grève et devant les caméras. La «marque» de son entrée en politique ? «Ah non ! Vous n’allez pas vous y mettre vous aussi ?» répond la nouvelle tête de liste du Parti socialiste aux européennes dans le Grand-Est. «J’ai une émission télé ce soir et je ne repasse pas chez moi entre-temps… Vous croyez quoi ? Qu’on fait nos courses en bleu de travail !» Le ton est direct. Sans agressivité.



Depuis le 17 décembre, Edouard Martin, 50 ans, a changé de rôle. Il n’est plus le gentil leader syndical français en lutte contre le méchant milliardaire indien Lakshmi Mittal, que les médias aimaient adorer. Mais le «traître», celui qui «va à la soupe», manger dans «la main de ses bourreaux». Celui qui avait accusé François Hollande et Jean-Marc Ayrault de «trahison», face caméra et les larmes aux yeux, le jour de leur refus de nationaliser Florange, se voit accusé de «tomber dans la récupération» socialiste. «Je savais que ça allait secouer, mais je ne m’attendais pas à un tel tsunami», dit-il avec son accent de l’Est.

Il assure recevoir des lettres anonymes avec insultes et menaces depuis le 20 heures de France 2 du 17 décembre, où il a annoncé sa candidature. «Le plus douloureux, c’est de savoir qu’on fait involontairement du mal à ceux dont on veut le plus grand bien, ajoute-t-il. J’ai dit à mes gosses d’arrêter de regarder la télé, d’aller au cinéma.» Et ce qui l’a «réconforté», confie-t-il, c’est d’avoir entendu son fils aîné lui dire : «N’écoute pas ces gens-là, c’est tous des jaloux, tu ne leur dois rien.»

«Gueux». Martin sait qu’il va devoir passer la campagne électorale à se justifier. Seul. Les responsables presse du PS l’ont accompagné dans ses premiers rendez-vous et malgré des SMS d’encouragements de responsables socialistes comme Benoît Hamon, Aurélie Filippetti, Delphine Batho et un coup de fil d’Arnaud Montebourg, ses nouveaux camarades ont été absents des plateaux télé pour le défendre face aux salves de la droite et du Front national. Que José Bové ou Christian Jacob, ex-syndicalistes agricoles, fassent aujourd’hui carrière chez les écologistes et à l’UMP ne choque pas. Pas plus de voir l’ancien leader cheminot CGT, Didier Le Reste, aujourd’hui PCF, se présenter sur une liste d’union avec le PS aux municipales à Paris. Martin a un autre exemple pour contrer la droite : «Et M. Beigbeder ? Il n’avait pas de fonction au Medef ? Ils l’ont oublié M. Copé et Mme Morano ?»

«La vérité c’est que ma candidature, ça les emmerde, poursuit-il. Ils sont dans une catégorie d’élus qui pense que la politique c’est pour les grands et que nous, on doit rester dans le bac à sable. Combien l’UMP a présenté d’ouvriers en tête de liste ? Pour eux, on est des gueux.» L’ex-leader syndical prend soin de rappeler qu’il a«rendu tous [ses] mandats» avant de toper avec le PS : «Si j’avais arrêté la lutte pour être candidat, là j’aurais trahi. Jusqu’au bout on s’est battus, jusqu’au bout !»Il fait le compte : sur 779 salariés du site, il en reste moins de 40 à reclasser. «A la fin, on était dix sur le piquet de grève ! On était tout seuls ! Tout seuls ! s’emporte-t-il. On a vu des copains être mal… Alors je n’ai aucune leçon à recevoir.» Il est au bord des larmes. S’en excuse : «Des choses remontent.» On lui fait remarquer que c’est cette émotion que le PS est venu chercher pour racheter une partie de sa conscience de gauche abandonnée à Florange en 2012. «Je ne suis pas dupe»,rétorque-t-il. Il sait que «face aux professionnels de la politique», il n’a plus le droit de laisser ses yeux briller : «Je n’ai pas affaire à des enfants de chœur.»

«Tuerie». Lorsque le sénateur PS de Moselle, Jean-Marc Todeschini, lui a fait la proposition de s’embarquer aux européennes, le «non» d’Edouard Martin «a été catégorique et instinctif» : «Je me suis dit : "si je vais là-dedans, ça va être une tuerie. Moi l’ouvrier "bas de gamme", je vais me faire lyncher."» Puis il y a eu «les copains». On en croise un sur le port du site ArcelorMittal de Florange. Maurice Nicotra, ex de la CGT passé à la CFDT : «Je lui ai dit "lance-toi". Sa candidature ne peut amener que du bien dans cette société de misère. Et s’il faut lui botter le cul, je lui botterai le cul.»«Si un garçon comme lui m’avait dit "on se sent trahi", j’aurais refusé», assure Martin.

Mais pourquoi aller au PS alors qu’il avait des contacts chez les écologistes ou avec l’économiste Pierre Larrouturou ? «C’est mon parti de cœur. J’ai toujours voté socialiste», répond cet électricien de formation. Il n’a jamais eu sa carte et ne la prendra pas, «pour ne pas être prisonnier d’un discours». Martin dit avoir choisi le poing et la rose parce qu’il «pense à Jaurès» : «Que le PS dérive vers la social-démocratie ou le social-libéralisme ? Peut-être… Mais le PS, ce n’est pas seulement François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Ce parti appartient à ses militants. Et j’en connais beaucoup qui sont tristes de la manière dont le PS dirige ce pays.» A Solférino, on risque de vite regretter de lui avoir donné les clés : «J’ai dit à Harlem Désir : "Je ne sais pas si vous êtes conscients de ce qui vous attend…"»

Si Martin ne compte pas faire campagne en «tapant» sur la politique des socialistes, il a prévenu qu’il ne fallait pas «compter» sur lui «pour monter au créneau et défendre le gouvernement».«Je ne renie rien de ce que j’ai dit, de ce qu’on a fait contre le gouvernement actuel, affirme-t-il. Je fais partie de ces gens qui ont voté François Hollande et sont déçus. Les résultats ne sont pas là. Il faut arrêter de faire des cadeaux à coups de milliards aux grandes entreprises.» Entendre le chef de l’Etat estimer que le problème des entreprises est «le coût de la main-d’œuvre» le met hors de lui : «Ce sont les citoyens qui créent de l’emploi. On ne leur donne pas les moyens de consommer !»

Martin aimerait qu’on l’interroge désormais sur l’Europe. Ce jour-là, son téléphone ne cesse de sonner pour qu’il commente la séquestration des deux dirigeants de Goodyear à Amiens. Il laisse sa messagerie s’encombrer. «L’Europe ne fait pas bander», déplore Martin. Il rappelle ses origines espagnoles, son arrivée en France«le 23 mars 1971» et comment il a vu dans les années 80 les bienfaits de l’Union européenne dans la Péninsule lorsqu’il rentrait «voir les grands-parents». Et de dérouler : «L’Europe ne s’est pas construite pour faire du business, mais pour donner une éducation, les moyens de se soigner, de partir en retraite, d’éviter les guerres.» On sent chez lui un besoin de roder son discours. De bannir les approximations, les hésitations. De se protéger des lapsus. Les journalistes et adversaires politiques ne le rateront pas si, comme ce jour-là, il parle «d’élection du président du Parlement européen» quand il s’agit de celui de la Commission…

«Protectionnisme». Sa connaissance du fonctionnement des institutions de l’UE, il la peaufine avec des lectures de presse, des documents de la Confédération européenne des syndicats et en discutant avec Roger Briesch, ex-figure européenne de la CFDT, qu’il considère comme son «père spirituel» et habite à 15 kilomètres de Florange. En 2005, Martin a dit «oui» à la Constitution européenne. Parce qu’il n’y a «pas de petites avancées», explique-t-il. Et même si l’UE d’aujourd’hui «n’est pas l’Europe qu’[il] aime». Il veut défendre une «industrie forte» et un«protectionnisme intelligent» avec une «taxe carbone aux frontières de l’UE».«Si on continue comme ça, l’Europe va exploser», dit-il, s’inquiétant de la montée des extrêmes. Dans le Grand Est, le vote FN est déjà haut : «Avec eux, ça ne sert à rien d’avoir des discours incantatoires, il faut démontrer. Je dis aux copains tentés par l’extrême droite qu’avec les solutions prônées par le FN, ils se retrouveraient à la rue !» Il illustre sa démonstration en pointant les bobines d’acier en cours de chargement au bord de la Moselle: «Là on envoie en Chine, en Turquie, au Brésil, en Inde ! On fait quoi si on ferme les frontières ?»

Edouard Martin n’a pas participé aux premières réunions de campagne à Solférino. Sa première rencontre avec Catherine Trautmann, numéro 2 sur sa liste, a eu lieu hier à Metz. Toujours salarié d’ArcelorMittal, l’ex-leader syndical va utiliser son compte épargne-temps pour la campagne. Il n’a pas encore d’équipe et a prévenu le PS qu’il souhaitait «choisir [ses] collaborateurs».«Je ne parle pas de ma famille !»précise-t-il, sans savoir que le règlement intérieur du Parlement de Strasbourg interdit aux eurodéputés d’embaucher sa femme ou ses enfants. Une fois élu, Edouard Martin a prévu de rester vivre à Thionville. Avec sa compagne et sa fille de 17 mois. «Si je m’expatrie, ça va être quoi mon cercle d’amis ?» lance-t-il. Avec la peur, cette fois, d’être vraiment seul.

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