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jeudi 19 septembre 2013

Des juges français s'intéressent à Thomas Fabius

Le fils du ministre des Affaires étrangères pourrait avoir bénéficié d'un effacement de dettes de 700.000 euros par un casino de Monte-Carlo. Le procureur général de Monaco dit avoir une commission rogatoire internationale sur lui.
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Thomas Fabius serait à nouveau dans l'œil de la justice. Trois mois à peine après l'ouverture d'une information judiciaire pour «faux», «escroquerie» et «blanchiment» dans l'affaire d'un appartement acheté 7 millions d'euros - et après une condamnation à 15.000 euros d'amende en 2011 pour «abus de confiance» - le fils du ministre des Affaires étrangères serait talonné par le pôle financier du parquet de Paris.
Flambeur invétéré, interdit de casino en France, le jeune homme de 32 ans aurait laissé une ardoise de 700.000 euros dans un casino monégasque que celui-ci aurait préféré effacer, par crainte du scandale, affirme l'hebdomadaire Valeurs actuelles. Les faits remonteraient au printemps 2012. Une commission rogatoire internationale aurait été ordonnée par les juges Roger Le Loire et René Cros, «pointures» du pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Cette procédure permettrait à la police monégasque de faire des perquisitions à la Société des bains de mer (SBM), société d'hôtellerie de luxe qui exploite plusieurs casinos de la principauté et dont l'État est actionnaire majoritaire, ainsi qu'au Département des finances de Monaco.

Le casino dément formellement

Alors que le parquet de Paris n'a, à cette heure, ni confirmé ni infirmé l'existence de la procédure, le procureur général de Monaco, lui, Jean-Pierre Dreno, a affirmé à un journaliste de Nice Matin «avoir en mains une commission rogatoire internationale sur Thomas Fabius».
Le mutisme est de mise du côté des avocats, de la Société des bains de mer comme de Thomas Fabius. Quant à la direction de la SBM, elle dément catégoriquement avoir épongé de telles dettes. «De tradition, on n'efface pas, jamais, les dettes de casino à la SBM, même plusieurs années après, et pour qui que ce soit», siffle une responsable avec la morgue des outragés. Et qu'on se le dise, déontologie des cercles de jeu oblige, le casino de Monte-Carlo n'a pas à divulguer le contentieux «s'il existait», encore moins une identité car «on respecte la vie de nos clients», pontifie le casino, grand seigneur, fussent-ils mauvais payeurs. «On doit laisser la justice faire son travail si elle est saisie», ajoute la SBM en indiquant que «d'autres recours que la voie de justice existent pour régler ce genre de problème».
Sur le Rocher, c'est moins l'intégrité de Thomas Fabius qui fait scandale que les soupçons sur la SBM. «Faire une fleur à 700.000 euros à un gosse de riche alors que la société tire la langue depuis des mois d'un point de vue économique, c'est ce qui fait le plus grincer les dents des monégasques, qui attendent de pied ferme le dernier bilan de la SBM, présenté à l'assemblée générale vendredi», explique un journaliste de la principauté.

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