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vendredi 9 août 2013

OHM 2013 : les hackers sortent du bois

 |  PAR JÉRÔME HOURDEAUX (Médiapart dont je conseille à tous de s'abonner)

OHM2013, l'un des principaux rassemblements de hackers, se termine ce dimanche, après quatre jours de débats et d'ateliers où la question de la démocratisation des outils informatiques a été au cœur des discussions. De notre envoyé spécial.

Ce samedi, alors qu'approche la fin de “OHM2013”, l'ambiance se fait peu à peu plus festive. Le camp de hackers, qui s'est ouvert mercredi à 30 km au nord d'Amsterdam, se poursuit officiellement jusqu'à dimanche. Mais cette dernière journée est quasi exclusivement consacrée au démontage des tentes et des installations électriques de l'événement. Dans l'esprit d'auto-organisation qui préside à ce type de manifestation, tout le monde est invité à participer. Lorsque l'on achète son ticket, on n'est d'ailleurs pas “festivalier” mais “volontaire”. Et durant ces quatre jours, la quasi-totalité de l'intendance est assurée par les participants eux-mêmes qui se relaient pour s'occuper, durant quelques heures, de la buvette, du parking, de l'installation des événements… Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes lorsque les bonnes volontés viennent à manquer.
La "Party at the End of the Universe"
Jusqu'à présent, l'ambiance s'est révélée étonnamment studieuse pour un rassemblement de ce type, qui plus est organisé aux Pays-Bas. En clair, très peu de joints circulent, en tout cas en public, et les scènes de beuveries auxquelles on peut assister dans n'importe quel festival de musique sont relativement rares. Certes, les premières nuits ont bien été animées par quelques sonos installées dans des tentes d'une partie du camping nommée à juste titre “Noisy Square”. Mais le tout sans débordement et jusqu'à l'heure, relativement raisonnable, de 2-3 heures du matin. Ce n'est que dans la nuit de vendredi à samedi que les premières fêtes ont commencé à prendre forme, plusieurs tentes rivalisant de décibels et d'animations telles que projections ou machines à fumée. Mais la vraie soirée est prévue pour le samedi soir avec la “Party at the End of the Universe”, point culminant du camp, organisée dans le “Orwell Hall”, le plus grand chapiteau de OHM. Le nom de la soirée fait sans doute référence au “Restaurant at the end of the universe” du livre The Hitchhiker's Guide to the Galaxy, de Douglas Adams, culte chez les geeks.

La "Party at the End of the Universe"
Auparavant, la pianiste Kimiko Ishizaka a offert un concert intitulé « Bach and Chopin: A celebration of makers, and free culture » (« Bach et Chopin : une célébration des faiseurs et de la culture libre »). Une prestation bien entendu livrée en “copyleft”, c'est-à-dire sans droits d'auteur, chacun étant libre d'enregistrer la performance et de la diffuser. À cette occasion, Kimiko Ishizaka a également lancé son projet, financé via le site de financement collaboratif Kickstarter, « Twelve Tones of Bach », une série de douze concerts destinés à promouvoir le domaine public et la libre diffusion de la musique.

Durant ces quatre jours de camp, les hackers ont surtout alterné entre conférences, ateliers et discussions, autour d'un thé ou d'une bouteille de “Club-Maté”, une boisson particulièrement populaire, dans une ambiance conviviale, même avec les journalistes… Car les représentants de la presse ne sont pas toujours les bienvenus dans ces rassemblements de hackers très pointilleux sur leur anonymat et particulièrement méfiants vis-à-vis des médias. La “press policiy” (“politique vis-à-vis de la presse”) détaillée sur le site de OHM peut ainsi sembler particulièrement contraignante : des accréditations limitées à quelques happy fews, obligation de présenter deux pièces d'identité, de fournir les coordonnées de son rédacteur en chef, et des règles strictes en matière de captation d'images.

Mais sur le terrain, ce cadre a priori rigide disparaît rapidement à condition de respecter quelques règles : ne jamais prendre de photos en intérieur sans demander l'autorisation de toutes les personnes présentes, ne pas noter les propos d'une personne sans préciser que l'on compte la citer, ne jamais photographier d'écran d'ordinateur…

Si l'on respecte cette quasi-obsession pour l'anonymat des hackers, ceux-ci se révèlent particulièrement ouverts et accueillants, hormis quelques irréductibles ou certains « je ne parle pas à la presse ». L'actualité des derniers mois autour du whistleblowing semble même avoir déclenché une certaine prise de conscience. Dans de nombreuses conférences, les intervenants ont insisté sur la nécessité de mieux communiquer avec la presse et de mieux partager avec le grand public des solutions techniques jusqu'à présent hors d'atteinte. Une conférence, organisée au premier jour, était ainsi intitulée “Parler aux journalistes”.

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