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mardi 16 juillet 2013

Europe, crise, Hollande : DSK livre son diagnostic

Europe, crise, Hollande : DSK livre son diagnostic

Par Les Echos | 11/07 | 00:59 | mis à jour à 13:48 | 28commentaires

L'ancien patron du FMI reprend ses habits de spécialiste mondial de l'économie dans une interview à CNN. La gestion de la crise par l'Europe est, selon lui, « une catastrophe ».

L’ancien patron du FMI livre son point de vue sur l’économie dans une interview à CNN. - CNN
L’ancien patron du FMI livre son point de vue sur l’économie dans une interview à CNN. - CNN
Deux retours en l’espace de trois jours. Après le retour politique de Nicolas Sarkozylundi devant le bureau politique de l’UMP, c’est au tour de Dominique Strauss-Kahn d’effectuer son retour dans l'économie mondiale. Plus de deux ans après l’affaire du Sofitel de New York, l’ancien patron du FMI livre, dans une interview à CNN, son point de vue sur la situation économique. Dans cet entretien en anglais avec le journaliste Richard Quest, DSK se penche notamment en profondeur sur le patient « Europe ». Et montre au passage des velléités quant au rôle qu’il pourrait jouer sur le Vieux Continent. Morceaux choisis.

COMMENTAIRE « ECHOSTV ». DSK  : « Come-back » médiatique, bientôt politique  ?

La crise européenne

« Les Européens ne parviennent pas à faire ce qu’ils devraient faire : restructurer. (...) Je ne suis pas si loin de penser que l’Europe rate sa gestion de la crise. Franchement, tout le monde sait qu’en l’entreprise, lorsque vous avez une perte, vous devez l’assumer, puis repartir de l’avant. Or, depuis le début de la crise, ce que les Européens ont essayé de faire c’est juste de gagner du temps, pour des raisons politiques, de repousser les pertes (...). Ils sont incapables d’avoir un plan pour l’avenir. Ils essaient juste d’acheter six mois, puis six autres mois, et c’est une catastrophe au bout du compte, car aujourd’hui le coût est beaucoup plus élevé. »

La position de l’Europe

« Le principal problème est que l’Europe n’est plus concurrentielle. (...) Les dirigeants ne sont pas à la hauteur. La plupart d’entre eux ne comprennent pas vraiment ce qu’est la mondialisation. Ils ont été éduqués, formés, ils ont eu une vie politique dans un seul pays, et ils ne se rendent pas compte que l’Europe n’est pas très grande, qu’une petite partie du monde. (...) Il y a une crise de leadership en Europe. Vous savez, il y a un dicton arabe qui dit qu’une armée de lions menée par des moutons sera toujours vaincue par une armée de moutons menée par un lion. Nous en sommes là en Europe (...). Le système européen est construit de manière à ce qu’aucune décision difficile ne puisse être prise. »

L'erreur sur la Grèce

« Au FMI, nous avons sous-estimé un paramètre : l’effet de l’austérité sur la croissance. Le résultat est que ce qui a été demandé à la Grèce sur les efforts budgétaires a eu plus d’effet négatif sur la croissance que nous l’attendions. (...) Dans le même esprit, Chypre est une autre catastrophe. Comment pouvez-vous espérer que l’économie chypriote redémarre alors que vous paralysez toutes les entreprises en bloquant l’argent ? »

François Hollande

« Je pense que la situation est très difficile et je pense qu’il fait de son mieux (...). Maintenant, et je ne veux pas être prétentieux en l’affirmant, il faut que les leaders européens comprennent qu’ils ne peuvent pas résoudre leurs problèmes en restant isolés. C’est vrai pour Merkel, c’est vrai pour Hollande, c’est vrai pour les Italiens, c’est vrai pour Cameron, c’est vrai pour chacun d’entre eux. »

Les banques

« En matière d’encadrement du secteur bancaire, l’approche anglo-américaine est hypocrite, l’approche de Michel Barnier est inefficace (...). Or le système bancaire en Europe est malade, très malade même. Beaucoup plus que les gens ne le pensent. Le système doit être profondément nettoyé pour que la croissance puisse revenir. Et la plupart des dirigeants sont incapables de prendre cette décision. »

DSK sur le banc de touche

« C’est de ma faute (...). Mais je ne suis pas frustré. Je suis juste désespéré de voir mon pays, l’Europe et cette civilisation, passer à côté, ne pas être capable de résoudre des problèmes, qui sont de petits problèmes : la Grèce est une petite économie qui pèse 2% du PIB de la zone euro. Chypre est tout simplement ridicule. J’ai rencontré un jour un PDG américain qui m’a parlé de l’Europe, et il m’a dit ’Comment peut-on travailler avec ces gars-là qui sont incapables de résoudre un problème qui concerne 2% du chiffre d’affaires ?’ C’est exactement la question. »

Un retour en politique

« C’est non. Je travaille sur des missions pour différents pays. Ils me demandent des conseils, je suis heureux de les aider. Parfois je suis payé, parfois je le fais bénévolement. Et j’aime ça. J’ai tourné le dos à la politique française. »

Les femmes


« Je ne pense pas que j’ai un problème avec les femmes. J’ai davantage un problème de perception sur ce qui est attendu des politiciens de haut niveau. Or ce qui est attendu est différent de ce que peuvent faire monsieur et madame Tout-le-Monde. »

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