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jeudi 23 mai 2013

La Xbox One de Microsoft : super console, mais super racket

D'apres le Nouvel Observateur
Publié le 22/05/2013 à 19h22
Sony avait ouvert le bal en février en présentant sa nouvelle console sans toutefois montrer la boîte. Microsoft a fait de même une heure durant pour exposer sa nouvelle machine. Elle sera le centre multimédia de la maison et pas seulement une console de jeu. D’ailleurs, les joueurs seront les grands perdants chez Microsoft ; leurs jeux d’occasion subiront un racket.
La vidéo qui a révélé le design de la XBox One

Un centre multimédia pour la maison

Techniquement, la Xbox One sera très proche de la PlayStation 4. Sans entrer dans des considérations fumeuses, les deux machines seront d’une puissance sensiblement équivalente. Ce que l’on sait en revanche pour Microsoft, c’est que la boîte est destinée à être placée dans le salon au même titre qu’un autre appareil hi-fi.
Très sobre et destinée à être installée horizontalement, la « console » ne surprendra pas par son originalité. Un rectangle brut équipé d’un lecteur Blu-ray. C’est Sony qui doit rigoler en douce, puisque c’est la firme japonaise qui détient cette technologie depuis la PlayStation 3...



Des journalistes se pressent autour de la Xbox One le 21 mai 2013 à Redmond, dans l’Etat de Washington (Karen Ducey/AP/SIPA)
Ses caractéristiques lui permettent cependant (en démonstration pendant un show en tout cas) de faire preuve d’une réactivité étonnante. Passer d’une émission de télévision à de la musique, plonger dans un jeu ou encore discuter via Skype avec un ami sont des actions quasi-instantanées et commandées par la voix ou les gestes.
La nouvelle caméra Kinect semble avoir gommé tous les défauts de sa précédente itération, aussi bien en réactivité qu’en précision. Le fait qu’elle soit passée à la HD n’y est probablement pas étranger. Kinect reste une option de commande au même titre que la nouvelle manette, qui intégrera un retour d’effort et Smartglass, cette technologie qui permet d’utiliser un smartphone ou une tablette pour interagir avec la console et afficher du contenu supplémentaire.
La présentation, très centrée sur les Etats Unis, a mis l’accent sur les partenariats avec diverses chaînes télévisées en particulier concernant les sports et les séries : football américain et basket seront évidemment incontournables. Destinée à être connectée au maximum, la console apprendra de vous en permanence pour vous proposer (comprendre vendre) des contenus adaptés à vos goûts.

Huit nouvelles licences de jeux

Seuls trois jeux (soutenus directement par Microsoft) ont été présentés pendant cette soirée :
  • « Forza Motorsport 5 », sans réelle surprise ;

  • puis le prochain « Call Of Duty Ghosts » proposera du contenu exclusif sur la console américaine. Le tout à grands renforts de démonstrations techniques sur la beauté des muscles des militaires et le rendu d’un chien de combat ;

  • plus intéressant, « Quantum Break » est une nouvelle licence qui semble basée sur la manipulation du temps. Le jeu mélange du contenu épisodique en images réelles, avec des séquences plus classiques de jeu vidéo. Encore une tentative de rapprocher la télévision du jeu vidéo.
« Call Of Duty Ghosts » (Activision)


A ce propos, ici encore Microsoft a misé beaucoup avec Steven Spielberg annonçant sa participation à l’élaboration d’une série utilisant l’univers de la série à succès « Halo ». Le jeu, vendu à près de 54 millions d’unités toutes versions confondues, est devenu une valeur sûre et un filon à creuser absolument.
Passons sur d’autres valeurs sûres avec l’appui inconditionnel d’Electronic Arts qui aligne respectivement un jeu de basket, de foot américain, de combat et de football. Avec ce genre de licences, les risques sont réduits et les profits maximums.
Sur la première année de commercialisation, quinze jeux seraient en développement dans les studios Microsoft et huit seraient de nouvelles licences. On attend de voir.

Une nouvelle taxe « made in Microsoft »

Mais la très grosse mauvaise nouvelle, c’est la confirmation du racket à l’occasion. La rumeur était malheureusement fondée : chaque jeu devra être installé sur le disque dur de la console et chaque jeu sera lié au compte de l’utilisateur. Pour qu’il puisse être joué ailleurs, il faudra s’acquitter d’une somme encore inconnue. Cela pourrait ressembler aux « pass en ligne » qui utilisent ce péage pour pouvoir jouer à plusieurs sur Internet et donc avoisiner la dizaine d’euros. Mais cela pourrait aussi être beaucoup plus cher.
Impossible donc de prêter un jeu à un ami sans déplacer également son compte. Impossible de le revendre sans l’amputer de la somme que l’éditeur aura décidé de racketter. Cela ne s’est encore jamais vu dans un autre média.
Imaginez que vous ne puissiez pas revendre vos CD, vos Blu-ray de films ou vos DVD sans en reverser une partie à un tiers. C’est ce qui se passera avec Xbox One. Une nouvelle taxe « made in Microsoft ».
Evidemment, la console n’est pas compatible avec les jeux de l’actuelle Xbox 360... Certaines rumeurs évoquent même le fait qu’il faudrait payer la totalité du prix initial ! Le Blu-ray ne serait donc plus qu’un contenu téléchargé à installer. Il n’aurait plus aucune valeur physique.

Une brèche ouverte pour Sony

Cette nouvelle attaque contre le marché de l’occasion ouvre une brèche pour Sony. En communiquant le premier, le japonais a occupé le terrain avant tout le monde. En laissant planer le doute sur sa position vis-à-vis du marché de l’occasion, Sony va pouvoir préparer sa riposte et observer la réaction des potentiels acheteurs.
La firme de Kyoto a déjà marqué sa différence en soutenant les développeurs indépendants (que Microsoft a totalement occultés pour le moment). Va-t-elle suivre le mouvement qui obligera tous les joueurs à passer par la case racket pour revendre leurs jeux ? Ou tentera-t-elle un coup de poker pour gagner largement sur le terrain de la réputation ? Le réseau PSN gratuit avait déjà largement joué en la faveur de la PS3 (alors que le Xbox Live est payant chez Microsoft). Sony ne l’a probablement pas oublié.
La guerre ne fait que commencer. Elle va se poursuivre très prochainement à l’E3, le grand rendez-vous annuel de l’industrie vidéo-ludique. Les consommateurs pourront sans doute commencer l’arbitrage en fin d’année. Microsoft a confirmé que la Xbox One sera sortie cette année et Sony fera tout pour suivre et ne pas leur laisser le champ libre.

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