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lundi 30 mai 2011

Pourquoi et comment un simple concombre peut tuer


Des concombres (La Grande Farmers' Market/Flickr/CC)

Samedi, ayant passé huit heures dans une cabine de tracteur pour aider mon voisin à rentrer ses bottes d'enrubannage, j'ai eu le loisir d'écouter la radio et j'ai appris qu'une bactérie tueuse et mystérieuse sévissait en Europe sous le nom d'EHEC, ou « escherichia coli entéro-hémorragique ». Elle provoque des hémorragies du système digestif et parfois des troubles rénaux extrêmement grave.

Cette bactérie a commencé à semer la panique en Allemagne, où dix personnes seraient mortes et mille autres malades selon le site d'un quotidien de Hanovre. En France, trois personnes ont été hospitalisées en Bretagne ; deux d'entre elles auraient transité par l'Allemagne.

Des cas ont été relevés également en Suède, au Danemark, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suisse. Des analyses devraient confirmer si elles sont bien atteintes par ce germe. En cause, des concombres cultivés en Andalousie, entre Malaga et Almeria. Mais en Allemagne, certaines patientes n'auraient jamais mangé de concombre…

Au choix : infection urinaire, typhoïde, dysenterie

Le petit nom de « coli » m'a fait tout de suite penser à « escherichia coli » (prononcer « échérichia coli »), connue aussi sous le nom de « E. Coli » ou de « colibacille », que ceux qui ont eu une infection urinaire connaissent sûrement. E. Coli est un bacille de la famille des entérobactéries, très commun : nous en avons tous (humains comme mammifères) en grande quantité dans les intestins.

Cependant, certaines souches fabriquent des toxines proches de celles générées par d'autres entérobactéries, comme les « shigella » (dysenterie) ou les « salmonella » (typhoïde).

A partir d'une culture de bactéries, on peut identifier très facilement une souche pathogène connue grâce à des solutions d'anticorps : ces dernières agglutinent en quelques secondes si la souche possède l'antigène. Il y a essentiellement deux types d'antigènes :

  • les O (somatiques, de paroi)
  • les H (de flagelle)

La souche qu'on retrouve dans les concombres incriminés est un E. Coli O157 : H7, qui provient en général de l'intestin des bovins, une souche très bien connue et responsable d'entéro-infections le plus souvent chez les enfants très jeunes. Il y a donc eu très probablement une contamination des cultures de concombres par des excréments de vaches.

Une bactérie championne du monde de la reproduction

E. Coli a une particularité exceptionnelle : dans des conditions optimales, il se divise toutes les vingt minutes. A partir d'un bacille à qui on donnerait suffisamment à manger, on aurait une couche de plusieurs mètres recouvrant toute la planète au bout d'un an…

Une mauvaise conservation ou un lavage insuffisant des concombres suffisent à expliquer la prolifération de ce champion du monde de la reproduction. L'ingestion d'une grande quantité du bacille provoque une rapide prolifération intestinale, avec des conséquences graves : le nombre important de toxines hémorragiques produit peut entraîner, si le patient n'est pas soigné rapidement, un état catastrophique.

Cité par Le Parisien, qui reprend un article du quotidien allemand Die Welt, Reinhard Brunkhorst, président de la Société allemande de néphrologie et praticien à Hanovre (Basse-Saxe), estime :

« Cette forme de la bactérie Eceh est beaucoup plus grave que la grippe porcine. Parmi les malades, il y a des femmes de 20 à 30 ans qui étaient en parfaite santé jusqu'ici. »

Parmi ses patientes, « certaines n'ont jamais mangé de concombres ». Pour lui, il y a un autre vecteur en cause, ce qui lui fait croire qu'il se passe là quelque chose d'unique en Allemagne et en Europe.

La clinique universitaire d'Eppendorf, à côté de Hambourg, où a été enregistré l'un des décès de samedi, a annoncé avoir mis en place un nouveau traitement pour les patients les plus sévèrement touchés.

« Il s'agit d'un anticorps qui doit mieux lutter contre les modifications neurologiques et les dommages infligés aux reins », explique le professeur Rolf Stahl dans le MorgenPost, reconnaissant qu'il ne saura « que dans quelques semaines si ce traitement est efficace ».

Avec Blandine Grosjean

1 commentaire:

  1. Donc vous l'aurez compris, amateurs de concombres abstenez vous, sauf si c'est pas le manger ...là vous pouvez, enfin je pense burk burk burk

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