Facebook

jeudi 27 janvier 2011

Le Maire de Puget-Rostang, Bernard Maurin Mis en examen

Le Clochemerle tourne mal à Puget... Corral

 Le petit pont de bois sur la Mérola, au pied de Puget-Rostang fait couler beaucoup d'encre. La justice est saisie et l'orage gronde toujours sur ce petit village pourtant si paisible.   Photo Richard Ray
Le petit pont de bois sur la Mérola, au pied de Puget-Rostang fait couler beaucoup d'encre. La justice est saisie et l'orage gronde toujours sur ce petit village pourtant si paisible. © Photo Richard Ray
Un coin d'alpage où coule une rivière. A une demi-heure de route de Puget-Théniers, le petit village médiéval de Puget-Rostang - 140 âmes - se regarde en chien de faïence. Ici, la route s'arrête mais la controverse à huis clos semble infinie. Le maire, Bernard Maurin, vient d'être mis en examen pour une affaire de marché public passé entre cousins. Et depuis, la paisible vallée de la Roudoule vit sous tension façon règlements de comptes à Puget... Corral.
Coup bas, suspicion permanente, séries de plaintes tous azimuts : sur les conditions de l'attribution du marché de 25 000 e de la passerelle qui enjambe le petit torrent de la Mérola, puis sur les travaux somptuaires d'un cimetière qui, au total, aurait coûté six fois le budget annuel de la commune soit environ 600 000 e. Le " Puget-Rostang Gate " est permanent.
Les chasseurs ne passeront pas ?
D'un côté le maire, Bernard Maurin. De l'autre l'aubergiste, André Ciais. Tout autour, les villageois coupés en deux. Le temps de l'union sacré entre le premier magistrat et l'hôtelier n'aura duré qu'un instant. Originaire de Cannes, André Ciais est pourtant accueilli comme le messie lorsqu'il pose ses valises à Puget.
Ici, plus d'école. Tous les commerces ont tiré le rideau depuis des lustres. Et quand l'ancien patron d'une petite société d'hélicoptère propose de ressusciter l'auberge, c'est la fête. Le conseil municipal est d'ailleurs prêt à lui vendre le fonds... et puis patatras, le temps se gâte.
Est-ce le refus du maire de convoquer la commission de sécurité, privant l'aubergiste de toute possibilité, économiquement vitale, d'accueillir des groupes dans son hostellerie ? Ou le fait que l'hôtelier se mette à déposer une rafale de plaintes auprès du doyen des juges d'instruction niçois pour dénoncer « tout haut, ce que tout le monde n'ose pas dire, même tout bas » ? C'est l'histoire de l'oeuf et de la poule. Et comme de bien entendu, elle est insoluble.
Chronologiquement, c'est l'affaire de la passerelle qui met le feu aux poudres (voir ci-dessous). Cette mise en examen multiple du maire a pour André Ciais, quoiqu'il en dise, un petit goût de revanche sur une série de coups bas, réels ou imaginaires. L'histoire du rallye de Monte-Carlo est-elle vraie ? Il le jure. « Pour nous « Le Monaco », c'est trois jours de boulot nuit et jour qui nous font le chiffre de toute la saison. Et vous ne savez pas quoi : trois jours avant que le rallye passe par chez nous, le maire décide de barrer la route d'accès au village donc à notre auberge... au prétexte de travaux d'assainissement urgentissimes ». Et celle du chemin communal, voie d'accès unique pour tous les chasseurs de la vallée, que le maire, la veille de l'ouverture, décida de barrer en y érigeant une ligne Maginot de blocs de béton ? « Demandez aux gendarmes ! Ils ont dû se déplacer en urgence pour le sommer de libérer le passage. »
Cimetière ou terminus très prétentieux ?
Sur la route de Saint-Léger où il travaille, le maire finit par trouver l'histoire pénible. « Si je n'étais pas du coin depuis des générations, je crois que je prendrais mes cliques et mes claques ? Mais ici, c'est chez moi, alors je reste et, de temps en temps, la coupe déborde ». Goutte d'eau de plus, l'autre plainte de l'aubergiste, sur les conditions de passation du marché du cimetière grand luxe, fait office de tsunami.
Sur ce dossier-là, la justice n'a pas encore tranché : le parquet aurait demandé un supplément d'information. Mais pour André Ciais, au regard de son prix, plus qu'un cimetière, il s'agirait d'un terminus des prétentieux. Histoire d'enfoncer le clou, l'aubergiste a d'ailleurs joint à sa plainte un article de presse sur le prix du cimetière de Saint-André-de-la-Roche... trois fois inférieur à celui payé par la mairie de Puget.
Alors ? Le fait que le terrain adjacent au cimetière, propriété du maire, ait été stabilisé grâce à la construction du mur de soutènement prévu dans le marché public, est-il suspect ? Cette fois, Bernard Maurin sort de ses gonds : « ça commence à bien faire. D'abord mon terrain ne jouxte pas le cimetière puisque, sur le cadastre, il en est clairement séparé par un petit chemin communal. Et si on continue à m'emmerder, je vais réclamer que la propriété du cimetière me revienne personnellement... puisque ce chantier n'aurait pas été réalisable si je n'avais pas donné une parcelle de terrain qui m'appartient toujours aujourd'hui. »
Un cimetière municipal privatisé ? La menace est certes brandie par bravade, mais, avouons-le, si elle était mise à exécution, ce serait la cerise sur le gâteau de la discorde municipale. Discorde qui a semble-t-il de beaux jours devant elle : « Ceux qui s'acharnent à me rendre inéligible, riront moins le jour où ils auront enfin pris ma place. A ce moment-là, c'est moi qui rirai. »
Jean-françois Roubaud   Nice-Matin  

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire