Facebook

jeudi 22 octobre 2009

Nepostisme (extrait du blog www.com-vat.com)

Népotisme bilatéral

Jean Sarkozy et Marie Bové sont dans un bateau, mais ni l'un ni l'autre ne tombe à l'eau.

Marie Bové, c'est un peu Jean Sarkozy, mais en fille. D'accord, elle a plus de bouteille (34 ans contre 23 pour le prince des Hauts-de-Seine) et sans doute davantage d'expérience politique (elle est permanente du groupe socialiste à la Communauté Urbaine de Bordeaux), mais pour le reste…

Car comment apprécier autrement la proposition de Noël Mamère d'en faire la tête de liste d'Europe Ecologie en Aquitaine ? On pourra bien sûr affirmer que Bové junior est compétente et qu'il est scandaleux de l'empêcher de se faire un prénom au prétexte qu'elle a un papa célèbre. L'on subodore pourtant qu'il faudra prestement se mettre en mode Balkano-Lefebvriste pour défendre cette initiative avec un minimum d'ardeur…

Pour Nicolas Sarkozy, cette nouvelle affaire de népotisme ne saurait d’ailleurs mieux tomber : elle lui permet de ridiculiser les critiques venues de la gauche depuis que son fiston envisage d'emménager à la Défense ; elle l'autorise même à en remettre une couche sur la différence entre « ceux qui commentent » et « ceux qui agissent » ! Mais pour quiconque est d'accord pour oublier cinq minutes qu'un pistonné de gauche ou de droite, c'est toujours un pistonné, c'est surtout l'occasion de rappeler que les dynasties professionnelles ou politiques ne sont pas ce que la démocratie républicaine produit de meilleur.

Je m'amusais, la semaine dernière, à comparer la carrière express de Jean Sarkozy à celle de tous ceux qui, en France, disposent d'un appui, aussi modeste soit-il, pour contourner les procédures censées générer de l'égalité. Je m'agaçais ainsi des travers d'une cette société où 80% d'insiders s'escriment à empêcher 20% d'outsiders à participer à la fête ― du locataire de l'Elysée à l'agent SNCF obtenant que ses enfants aient priorité sur les enfants de chômeurs pour un simple boulot d'été gare d'Austerlitz. Marie Bové, pour toutes ses qualités présumées, est mal partie pour me faire changer d'avis.

J'ai entendu quelque part qu'un type sur deux embrassait la même carrière que son père par une sorte de déterminisme familial irrésistible : les fils de bouchers deviennent des bouchers, les fils d'acteurs des acteurs et les fils de Debré... des Baroin. Dans le cas d'un commerçant transmettant la boutique à son rejeton, rien à dire. C'est sa boutique, c'est son rejeton. Dans le cas d'un politique transmettant un fief, c'est une autre paire de manches, ne serait-ce que du point de vue des serfs qui ont le malheur de l'habiter, le fief en question. Tout comme lorsqu'une entreprise publique supposée appartenir à tous les Français devient la propriété transmissible de ses agents...

Mais le plus triste, avec toutes ces histoires, c'est qu'elles alimentent davantage le discours du tous-pourris qu'elles ne stimulent l'exigence de plus de démocratie. Qui sait, c'est peut-être que les marchands de tous-pourris font plus de gosses que les autres…



© Commentaire & vaticinations

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire